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Pêchez dans le Rhône Fédération du Rhône et de la Métropole de Lyon pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique

Publié le 10/07/2026

Vous êtes nombreux à nous signaler des assecs sur vos parcours. Si nous avons tous envie de sortir une épuisette ou effectuer une pêche électrique pour transférer les poissons ailleurs, chez nous, c’est souvent contre-productif, voici pourquoi :

  • Stress important : Le déplacement (manipulation + transport) de poissons déjà affaiblis par le manque d'oxygène et la chaleur est techniquement difficile et augmente fortement la mortalité.
  • Risque de créer des surdensités, et des hécatombes : dans les zones qui conservent de l’eau, les poissons qui ont eu les bons réflexes comportementaux de gagner ces zones refuges sont déjà concentrés en grand nombre. Le risque est grand, en cas de mortalités de quelques spécimens déplacés et malmenés, de déclencher un emballement du processus avec la décomposition des cadavres dans l’eau, consommant l’oxygène et produisant des toxines. Un poisson affaibli est vulnérable. En le déplaçant, on risque également d'apporter des maladies et de contaminer les poissons en bonne santé dans le milieu d'accueil.
  • On les met où ? Tous les milieux de notre département subissent de plein fouet la sécheresse et des températures d'eau excessives, y compris les grandes rivières (Azergues, Ardières, etc..). Déverser des milliers de poissons dans ces milieux surchauffés serait invivable pour tout le monde.
  • Une mission impossible sur 5 000 km : Chez nous, ce sont près de 5 000 kilomètres de cours d'eau frappés massivement par la sécheresse. Il est techniquement et humainement impossible d'être partout (une pêche concerne quelque centaines de m ou qq km maximum sur une journée !).
  • Des opérations chronophages : Ces opérations demandent beaucoup d’énergie et de bras pour un résultat très faible. C’est du temps que nos équipes ne passent pas sur le vrai problème : les travaux de restauration (reméandrage, ripisylve, suppression de plan d’eau, d’obstacle) qui, eux, protègent l'eau et les poissons à long terme, et la défense des milieux auprès des autorités.
  • Une épée de Damoclès en termes de communication : les sauvetages sécheresse valorisent ponctuellement le rôle des pêcheurs, mais envoient aussi un mauvais signal : "Ce n'est pas si grave que les rivières s’assèchent, puisque les pêcheurs viendront sauver les poissons ! ». Dans certains cas, avec des tronçons de rivière connaissant des infiltrations rapides, et/ou sous l’influence de prélèvements critiques tout en bénéficiant de zones refuges fraiches et abondantes, cela se justifie. Mais nous ne sommes pas dans ces situations particulières sur notre territoire.

La vraie solution chez nous ? Restaurer les milieux pour qu'ils résistent d'eux-mêmes du mieux possible ! En gérant les prélèvements, en effaçant les obstacles, les plans d’eau ou en replantant les berges, on maintient des poches de survie et on redonne aux poissons l'accès aux zones de refuge fraîches. Nos suivis scientifiques le prouvent : la faune d’une rivière restaurée résiste mieux aux sécheresses.

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