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Publié le 27/07/2026
une réalité pour nos cours d’eau !
La communauté scientifique alerte depuis plus de 50 ans sur le réchauffement planétaire1, causé par les activités humaines et particulièrement l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. C’est dans ce contexte que notre Fédération s’est structurée ces dernières décennies pour mieux comprendre l’évolution de nos milieux aquatiques et travailler à leur protection. Petit zoom sur la situation.
Température de l'air...ca grimpe toujours plus !
Dans son premier rapport2, publié en 1990, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat), prévoyait une augmentation de la température moyenne mondiale d’environ 1°C d’ici 2025. Le constat est sans appel, le réchauffement annoncé a bien lieu, notamment en France et dans notre département.
Ainsi, les mesures de températures de l’air à Lyon-Bron mettent en avant une augmentation de la température annuelle de +2,4°C ces 10 dernières années par rapport à la moyenne 1921-1990. Sur la période estivale (juin à août), c’est +3,2°C depuis 2015 par rapport à la norme, sans compter l’année 2026 qui est en train de battre tous les records... ! Ces conditions (vitesse et intensité du réchauffement) sont tout simplement inédites dans l’histoire.

Évolution de l’écart à la norme 1921-1990 de la température de l’air à Lyon Bron (données météofrance)
Côtés précipitations, elles sont globalement stables (autour de 800 mm/an à Lyon), avec quelques années sèches : 2017, 2020 et 2022. En revanche, en période estivale (juin à août), ces 10 dernières années ont été nettement plus sèches que la norme avec en moyenne 193 mm de pluie contre 225 mm sur la période 1921-1990, seule l’année 2021 étant plus humide que la norme.

La Vauxonne asséchée à la sortie du village le Perréon
Quels impacts pour les cours d'eau ?
Les pêcheurs le constatent années après années, ces conditions climatiques sont très impactantes pour nos rivières avec pour principale conséquence la diminution des débits. Sur les petits cours d’eau du département, on observe une diminution du débit annuel de l’ordre de 10% par décennie3. En période estivale, les déficits pluviométriques cumulés aux températures élevées entrainent des diminutions drastiques des débits, allant jusqu’à assécher des centaines de kilomètres de cours d’eau à truites du département.

Ruisseau du Beaujolais asséché en juillet 2026
Si l’intensité de ces étiages est marquante, c’est également la succession des étiages qui est inédite : un cours d’eau comme l’Azergues4 ayant par exemple subi depuis 2015 5 étiages étant censés survenir en moyenne une fois par décennie à une fois tous les 50 ans et plus !

Débit des 30 jours les plus secs sur l’Azergues à Chatillon depuis 1971. La fréquence de retour illustre à quelle fréquence un étiage est censé se produire. Par exemple, un débit moyen sur les 30 jours les plus secs de 0,2 m3/s est censé survenir en moyenne tous les 5 ans sur l’Azergues (données hydroportail)
Contrairement aux idées reçues, les grands cours d’eau sont également touchés. Pour le Rhône5, la fonte des glaciers, la diminution des cumuls neigeux (soutenant les débits printaniers), l’assèchement des sols et l’augmentation de l’évaporation (sous l’effet de l’augmentation de la température de l’air) a entrainé une diminution du débit de -7% (Rhône amont à Pougny) à -13% (aval, à Beaucaire) entre 1960 et 2020. Une baisse des débits d’étiage de l’ordre de -20% est par ailleurs attendue dans les 30 prochaines années, avec des conséquences inévitables sur la vie aquatique et les usages (production hydroélectrique, refroidissement des centrales nucléaires, irrigation, alimentation en eau potable, etc.).
Une autre conséquence du réchauffement climatique, moins visible mais tout aussi brutale pour les poissons, est le réchauffement de l’eau. La température de l’eau, fortement corrélée à celle de l’air, augmente nettement ces dernières années, particulièrement en été avec environ +1°C sur les 10 dernières années par rapport à la décennie précédente (Garon, Yzeron, Azergues, etc.). Or, la température de l’eau est l’un des principaux facteurs de répartition des poissons : sur certaines rivières de 1ère catégorie la truite (espèce très sensible à la température de l’eau) a été remplacée par des espèces plus tolérantes telles que le chevaine et le blageon sur les tronçons ayant connu un réchauffement important. Dans certains cas, comme sur une partie de l’Azergues, la succession des étés chauds et secs a même entrainé une diminution des abondances de poissons plus tolérants.
Les simulations de températures que nous avons réalisées sur de nombreux cours d’eau du Rhône mettent en avant une normalisation des températures d’eau extrêmes atteintes ces dernières années (2022, 2023 notamment) à horizon 2050.
Le réchauffement de l’eau est amplifié par la présence de seuils et de plans d’eau en travers de cours d’eau et par l’absence de ripisylve (végétation de berge) entrainant ralentissement des écoulements et augmentation de la surface ensoleillée (et en contact avec l’air plus chaud).
Quelles réponses face à ce constat ?
Face à l’ampleur du phénomène, le traitement des causes du dérèglement climatique est primordial. Cela doit passer par des réponses structurelles, notamment à travers des politiques publiques ambitieuses en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à toutes les échelles possibles (mondiale comme locale). Ainsi, l’Accord de Paris8 sur le climat (signé par 195 États et l’Union Européenne en 2015) fixe un objectif de diminution des émissions de gaz à effet de serre de 43% d’ici 2030 afin de limiter le réchauffement climatique à +1,5°C d’ici la fin du siècle.
En parallèle, des réponses doivent être apportées pour lutter contre les effets du réchauffement climatique. À l’échelle du bassin Rhône, un plan d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau doit permettre de mieux s’adapter face aux effets du changement climatique : consommer moins d’eau, restaurer et préserver les milieux fonctionnels, établir des stratégies locales et planifier l’adaptation au changement.
Plus localement, notre Fédération participe à plusieurs instances de gestion de la ressource en eau selon deux modes d’actions :
En parallèle, notre Fédération porte des projets de restauration concrets pour limiter l’effet du réchauffement climatique sur nos cours d’eau :
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Changement_climatique
[2] Changement climatique - les évaluations du GIEC de 1990 et 1992 : https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/05/ipcc_90_92_assessments_far_full_report_fr.pdf
[3] MOATAR F. et al., 202. Regional, multi-decadal analysis reveals that stream temperature increases faster than air temperature - Hydrology and earth system sciences. 22p.
[4] Observatoire du bassin versant de l’Azergues 2025, disponible ici
[5] D’après les études réalisées dans le cadre du plan de bassin d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’eau 2024-2030 porté par le comité de bassin Rhône-méditerrannée : https://www.gesteau.fr/document/le-plan-de-bassin-dadaptation-au-changement-climatique-pbacc-rhone-mediterranee-2024-2030
[8] D’après United Nations Climate Change : https://unfccc.int/fr/a-propos-des-ndcs/l-accord-de-paris