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Premiers résultats sur la contamination des poissons aux perfluorés

À la suite de la diffusion d’un reportage d’Envoyé Spécial en mai dernier sur une pollution aux composés fluorés (PFAS) sur le fleuve Rhône, notre Fédération, en appui de la DREAL, a proposé et conduit une campagne d’investigation sur les poissons. Les premiers résultats des analyses confirment la nature et l’ampleur du problème environnemental et sanitaire.

Premiers résultats (partiels)

Sur ces résultats partiels (toutes les espèces n’ayant pu être capturées sur toutes les stations en juillet dernier), nous observons déjà plusieurs points importants :

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- Les concentrations en polluants en aval du barrage de Pierre Bénite sont très élevées, de 4 à 20 fois supérieures à celle de notre secteur témoin (Grand Large).

- Toutes les espèces sont contaminées, la perche semblant être la plus accumulatrice de PFAS, suivie par le silure ;

- La contamination s’étend loin en aval : les teneurs à Condrieu sont du même ordre qu’à Pierre Bénite pour le silure et la perche.

- Contrairement aux PCBs, les PFAS sont parfois plus concentrés dans les jeunes poissons que dans les plus âgés : ces derniers semblent parvenir à métaboliser et éliminer une partie de leur charge polluante. C’est le cas des gardons, des barbeaux dans ces analyses, mais pas de la perche. Cela dépend aussi du type de composé, comme cela a été démontré dans d’autres études.

- Le cas du Garon interpelle : l’origine de la contamination, très similaire à celle du fleuve, reste à définir, avec plusieurs hypothèses possibles. Le bassin versant est en effet perfusé d’eau du Rhône via les réseaux d’irrigation agricole ; et l’eau potable, elle-même chargée en PFAS peu éliminés dans les stations d’épuration, fait également partie des pistes possibles. Les retombées atmosphériques issues des usines de Pierre Bénite, d’après l’orientation des vents dominants, semble moins probable.

Quelle évolution de la contamination ?

Après un travail de recherche bibliographique, nous avons comparé ces résultats aux données recueillies dans de précédentes études. La comparaison avec les anciennes valeurs permet d’entrevoir plusieurs aspects :

- Sur le site témoin du Grand Large ces valeurs semblent stables par rapport aux données 2008-2009 (20-30 ng/g).

- Déjà en 2008-2009, les teneurs étaient nettement plus élevées en aval de Pierre Bénite ;

- Une baisse notable de la concentration totale en PFAS est observée dans la chair des poissons à Condrieu entre l’époque 2008/2014 et 2022, mais l’évolution est très contrastée selon les composés considérés : quasi-disparition des PFTrDA, PFUnDA largement majoritaires jusqu’en 2013-2014, mais forte augmentation des teneurs en PFOS (cf. figure 2) dont la production et l’utilisation sont pourtant restreints depuis 2009 ; cela s’observe sur toutes les espèces étudiées : gardon, goujon, barbeau.

- Cette évolution s’observe également sur le fleuve à Pierre Bénite et sur le Garon.

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Evolution des teneurs en PFAS dans les poissons des sites étudiés

(sources utilisées : Babut et al, 2011 ; Miège et al, 2012 ; Babut et al, 2017 ; Simmonet-Laprade et al, 2017 ; base de données micropolluants du programme PCB)

Et la suite ?

Dans l’immédiat, les analyses complémentaires vont se poursuivre sur les espèces de poissons pour affiner la connaissance de cette pollution. Le sandre, l’ablette vont notamment compléter le jeu de données. Dans l’attente des résultats définitifs et d’un cadre réglementaire d’interprétation, et compte tenu des premières analyses, notre recommandation prise dès le mois de mai de non consommation des poissons du Garon et du fleuve Rhône en aval du barrage de Pierre Bénite est maintenue, toutes espèces confondues.

Un texte paru au JO de l’Union européenne le 24 août dernier invite les états membres à surveiller ces substances dans les denrées alimentaires, notamment dans les poissons. Un projet de règlement, qui doit être adopté en janvier 2023, vise à établir des teneurs maximales admissibles en PFAS.

Les industries Arkéma et Dakin mises en cause dans cette pollution, à la fois historique et d’actualité, sont désormais sous surveillance étroite ; la réduction progressive voire l’arrêt de leurs rejets sont programmés d’ici fin 2024.

Enfin, les recours judiciaires des structures associatives de la pêche vont désormais être étudiés plus précisément face au préjudice environnemental et halieutique de grande ampleur de cette affaire.

Nous vous invitons à cliquez sur ce lien pour en savoir plus